Vous avez déjà reçu ce genre de mail : « Bonjour, je peux booster votre référencement avec 100 backlinks de qualité pour 49 € ». Tentant, quand votre site ne décolle pas dans Google. Sauf qu’un mauvais lien ne fait pas que ne servir à rien : il peut aussi vous coûter votre visibilité.

Les backlinks restent l’un des trois piliers du SEO, avec la technique et le contenu. Mais tous les liens ne se valent pas. Savoir comment choisir ses backlinks, c’est savoir distinguer un lien qui renforce votre crédibilité d’un lien qui l’abîme. Et c’est aussi savoir où mettre son budget, quand on n’a pas celui d’une grande marque.

Dans cet article : les critères concrets pour juger un lien, comment auditer ceux que vous avez déjà, et ce que Google dit vraiment sur l’achat de liens.

Magali Nest, consultante UX à Strasbourg

Vos backlinks vous aident-ils vraiment ?

On regarde ensemble vos liens actuels, ce qui compte vraiment et où investir votre temps ou votre budget pour gagner en visibilité.

Documentation Backlinks

Ce lien vaut-il le coup ? 6 situations fréquentes

« On me propose 100 backlinks pour 49 € »

❌ À fuir : ce type d’offre repose presque toujours sur des annuaires de mauvaise qualité ou des réseaux de sites créés pour vendre des liens. C’est exactement ce que Google classe comme du spam de liens.

« Le journal local a publié un article sur mon entreprise avec un lien »

✅ Excellent : un média reconnu, un contexte éditorial réel, un lien obtenu parce que votre activité intéresse. C’est le backlink idéal.

« Mon partenaire veut afficher mon logo sur sa page références »

✅ Bonne base : acceptez, et demandez si possible un lien sur un texte (le nom de votre activité par exemple) plutôt que sur le seul logo. Un lien posé sur une image sans texte alternatif ne dit rien à Google sur votre sujet.

« Un annuaire référence automatiquement mon nouveau site »

⚠️ À surveiller : ces liens arrivent souvent tout seuls dès la mise en ligne. La plupart sont neutres. Vérifiez simplement qu’ils ne viennent pas de sites manifestement douteux.

« Un grand média me propose un article sponsorisé à 3 000 € »

⚠️ Possible, mais en connaissance de cause : un lien payé doit être marqué comme sponsorisé selon les règles de Google. Il vous apportera de la visibilité et de la notoriété, pas un « jus SEO » garanti.

« J’ai mis le lien de mon site sur mon profil LinkedIn »

⚠️ Utile, mais léger : les réseaux sociaux marquent en général leurs liens en nofollow, et une partie de leur contenu n’est visible qu’une fois connecté. Bon pour vos visiteurs, faible pour votre SEO.

Un backlink, c’est une recommandation

Un backlink (ou lien entrant) est un lien placé sur un autre site et qui pointe vers le vôtre. Pour Google, c’est un signal de confiance. Comme quand plusieurs amis vous recommandent le même restaurant : vous avez tendance à y aller.

Deux notions à ne pas confondre quand vous regardez vos statistiques :

  • Les backlinks : le nombre total de liens qui pointent vers votre site.
  • Les domaines référents : le nombre de sites différents qui vous font un lien.

Un même site peut vous faire plusieurs liens. Vous aurez donc toujours au moins autant de backlinks que de domaines référents. Si un outil vous affiche l’inverse, relancez l’analyse.

Dix liens venant de dix sites différents et pertinents pèsent bien plus que cent liens venant du même annuaire.

Comment choisir ses backlinks ?

Avant d’accepter, de demander ou d’acheter un lien, passez-le au crible de ces sept critères.

1. La pertinence thématique

C’est le premier filtre, et le plus sous-estimé. Un lien depuis un blog de running vers une application d’entraînement a du sens. Le même lien depuis un site de recettes de cuisine beaucoup moins. Posez-vous une question simple : un lecteur de ce site aurait-il une vraie raison de cliquer vers le vôtre ?

2. L’autorité du domaine

Les outils SEO attribuent à chaque site un score sur 100 qui estime sa popularité. Chacun lui donne son nom : Domain Authority chez Moz et Ubersuggest, Authority Score chez Semrush, Trust Flow chez Majestic.

  • Ces scores sont calculés par les outils, pas par Google. Ils servent de repère, pas de vérité absolue.
  • Les grands médias et Wikipédia tournent autour de 80 à 95.
  • Pour un site de marque ou de TPE, dépasser 30 est déjà un bon résultat. Ne vous comparez pas au Monde.

3. Le score de spam

La plupart des outils affichent aussi un score de spam. Plus il est élevé, plus le site ressemble à une ferme de liens ou à un site de mauvaise qualité. Au-delà de 30 à 40 %, ouvrez le site et regardez par vous-même : publicités envahissantes, contenus sans rapport, vente de médicaments… Vous n’avez aucune envie d’être associé à ça.

4. L’attribut du lien : follow, nofollow, sponsored, ugc

Un lien normal, sans attribut particulier, transmet de la popularité. On l’appelle couramment « dofollow » (ce n’est pas un terme technique officiel, c’est le comportement par défaut). Trois attributs viennent nuancer ce signal :

  • rel= »nofollow » : le site ne souhaite pas cautionner la page liée.
  • rel= »sponsored » : le lien est une publicité ou un placement payé. Google le recommande pour tous les liens achetés.
  • rel= »ugc » : le lien vient de contenu créé par les utilisateurs (commentaires, forums).

Depuis 2019, Google traite ces attributs comme des indications et non comme des ordres stricts. Un lien nofollow depuis un grand média garde donc une valeur (visibilité, trafic, crédibilité). Ne le désavouez pas pour cette seule raison.

5. L’ancre du lien

L’ancre, c’est le texte cliquable sur lequel le lien est posé. Elle indique à Google de quoi parle la page de destination. Trois erreurs fréquentes :

  • L’ancre vide : le lien est posé sur une image ou un logo, sans texte. Google ne sait pas quoi en retenir.
  • L’URL brute (www.monsite.fr) : personne ne tape ça dans Google, ce n’est pas un mot-clé.
  • La sur-optimisation : le même mot-clé exact partout. Google cite explicitement les ancres optimisées dans les articles invités et communiqués comme un signal de spam.

La bonne pratique : un mélange naturel entre le nom de votre marque, des expressions descriptives et quelques mots-clés.

6. L’accessibilité de la page

Si Google ne peut pas lire la page, il ne voit pas le lien. On distingue trois cas :

  • Site ouvert : tout le contenu est visible sans connexion. Le lien compte pleinement.
  • Site semi-ouvert : une partie est publique, le reste demande un compte (c’est le cas de nombreux réseaux sociaux). Poids limité.
  • Site fermé : tout est derrière un identifiant (ventes privées, espaces membres). Les robots de Google n’y accèdent pas, le lien ne compte quasiment pas.

7. La durée de vie du lien

Un lien peut disparaître : refonte du site partenaire, fermeture, ou article supprimé au bout de quelques années. Pour un lien payé, vérifiez toujours dans le contrat la durée de publication garantie. Payer plusieurs centaines d’euros pour un lien retiré au bout d’un an, ça pique.

Récapitulatif : bon signe ou signal d’alerte ?

CritèreBon signe ✅Signal d’alerte ❌
ThématiqueMême secteur ou audience procheAucun rapport avec votre activité
Autorité du domaineScore cohérent avec la taille du siteScore élevé mais site vide de contenu
Score de spamFaible (vert dans les outils)Au-delà de 30 à 40 %
AttributLien éditorial normal, ou sponsored si payéLien payé présenté comme éditorial
AncreMarque ou expression descriptiveVide, URL brute ou mot-clé répété partout
AccessibilitéPage publique et indexéeContenu réservé aux membres

Faire le point sur les backlinks que vous avez déjà

Même un site tout neuf reçoit des liens : annuaires automatiques, sites qui recensent les nouveaux noms de domaine, plateformes diverses. Avant de chercher de nouveaux liens, regardez d’où vous partez.

  • Google Search Console (gratuit) : le rapport « Liens » liste les principaux sites qui pointent vers vous. C’est la base.
  • Ubersuggest, Semrush, Majestic ou Moz : ils ajoutent les scores d’autorité, de spam, les ancres et l’évolution dans le temps. Les versions gratuites sont très limitées.

Ne soyez pas surpris si deux outils affichent des chiffres très différents pour le même site, parfois de plusieurs milliers de liens d’écart. Chaque outil a son propre robot et sa propre base. Choisissez-en un et suivez surtout la tendance dans le temps.

Exportez la liste en CSV, triez par score de spam, puis par autorité. En dix minutes, vous voyez vos meilleurs alliés et vos liens douteux.

Faut-il désavouer les liens toxiques ?

Google propose un outil de désaveu dans la Search Console. Il permet de lui demander d’ignorer certains liens. Mais Google est très clair : pour la majorité des sites, cet outil n’est pas utile, car le moteur sait déjà faire le tri tout seul.

Google recommande de ne désavouer que si deux conditions sont réunies :

  • un nombre important de liens artificiels ou spammy pointent vers votre site ;
  • et ces liens ont provoqué, ou risquent de provoquer, une action manuelle de Google (typiquement si vous avez acheté des liens par le passé).

Si c’est votre cas, la démarche est simple :

  1. Essayez d’abord de faire retirer les liens en contactant les sites concernés.
  2. Créez un fichier .txt encodé en UTF-8, avec une URL par ligne, ou domain:exemple.com pour un domaine entier.
  3. Importez-le dans l’outil de désaveu de la Search Console (il faut être propriétaire vérifié du site).

Désavouer par excès de zèle peut vous faire perdre des liens qui vous aidaient. Dans le doute, abstenez-vous.

Où trouver de bons backlinks, selon votre budget

Sans budget : votre réseau

  • Vos partenaires, fournisseurs et clients : une page références, un retour d’expérience, un article commun.
  • Votre écosystème local : réseaux d’entrepreneurs, chambres consulaires, associations, événements où vous intervenez.
  • Des contenus qui méritent d’être cités : un guide pratique, une étude, un outil gratuit. C’est ce qui génère des liens spontanés.

Avec du temps : les relations presse et les blogueurs

Envoyer un communiqué de presse ou contacter des blogueurs de votre niche fonctionne, mais demande de la patience : beaucoup d’envois pour peu de retombées, et un vrai suivi des relances. Un sujet d’actualité ou une nouveauté concrète augmente nettement vos chances.

Avec un budget : les plateformes de netlinking

Des plateformes mettent en relation annonceurs et éditeurs de sites. Les prix vont de quelques dizaines d’euros pour un petit blog à plusieurs milliers d’euros pour un grand média national. Avant de payer, vérifiez les sept critères plus haut, et regardez aussi le trafic réel du site : certains vendent des liens alors qu’ils n’ont presque aucun visiteur.

Acheter des backlinks : ce que dit vraiment Google

Soyons honnêtes : l’achat de liens est une pratique très répandue. Beaucoup d’articles « coup de cœur » dans les médias sont en réalité payés par les marques. Mais les règles de Google sont sans ambiguïté.

  • Google considère comme du spam de liens le fait d’échanger de l’argent, des produits ou des services contre des liens destinés à améliorer le classement.
  • Il vise aussi explicitement les publireportages et la publicité native dont les liens transmettent de la popularité.
  • En revanche, il reconnaît que l’achat de liens publicitaires fait partie de l’économie du web, à condition que ces liens soient marqués en rel= »sponsored » (ou nofollow).

Concrètement, si une plateforme vous vend un lien « dofollow, non mentionné comme sponsorisé », vous achetez un lien qui enfreint les règles de Google. Beaucoup ne sont jamais sanctionnés. Certains le sont, avec une action manuelle qui peut faire chuter tout le site. Le risque est pour vous, pas pour la plateforme.

Ma position : un article sponsorisé peut avoir du sens pour la visibilité, la crédibilité et la notoriété. Mais achetez-le pour ça, avec un lien correctement déclaré. Pas comme un raccourci SEO.

Comment mesurer l’impact de vos backlinks

C’est la question que tout dirigeant pose : « Ce lien à 1 500 €, il va me rapporter combien ? ». La réponse honnête : on ne peut pas le mesurer en ventes directes. Un article dans un média génère souvent quelques visites et quelques ventes, rarement de quoi rembourser son prix.

Un backlink se pilote comme un investissement SEO global. Suivez plutôt :

  • la part du trafic organique dans votre trafic total (et son évolution) ;
  • les positions de vos pages sur vos mots-clés stratégiques ;
  • le nombre de domaines référents de qualité, mois après mois ;
  • les demandes de contact ou ventes issues de la recherche naturelle.

Plus votre trafic organique progresse, moins vous dépendez de la publicité payante. C’est là que se trouve le vrai retour sur investissement.


Mes recommandations pour choisir vos backlinks

  • Commencez par l’audit : regardez vos liens actuels dans la Search Console avant toute action.
  • Privilégiez la pertinence au score : un petit site de votre secteur vaut mieux qu’un gros site hors sujet.
  • Refusez les packs de liens à prix cassé, sans exception.
  • Soignez vos ancres quand vous avez la main dessus, en variant les formulations.
  • Exigez rel= »sponsored » sur tout lien payé, et une durée de publication claire dans le contrat.
  • Ne désavouez que si nécessaire, en cas d’action manuelle réelle ou probable.
  • Créez des contenus citables : c’est la seule source de liens qui ne s’arrête pas quand le budget s’arrête.

Magali Nest, consultante UX à Strasbourg

Vos backlinks vous aident-ils vraiment ?

On regarde ensemble vos liens actuels, ce qui compte vraiment et où investir votre temps ou votre budget pour gagner en visibilité.


FAQ : comment choisir ses backlinks

Qu’est-ce qu’un bon backlink ?

Un bon backlink vient d’un site en rapport avec votre activité, accessible publiquement, avec un score de spam faible, un lien posé sur un texte descriptif et une raison réelle pour le lecteur de cliquer vers votre site.

Combien de backlinks faut-il pour bien se référencer ?

Il n’existe pas de chiffre magique. Tout dépend de votre secteur et de vos concurrents. Mieux vaut quelques liens pertinents venant de sites différents qu’une grande quantité de liens venant d’annuaires sans valeur.

Un lien nofollow est-il inutile ?

Non. Depuis 2019, Google traite l’attribut nofollow comme une indication et non comme une règle stricte. Un lien nofollow depuis un site reconnu apporte aussi de la visibilité, du trafic et de la crédibilité.

Est-ce interdit d’acheter des backlinks ?

Acheter un lien publicitaire n’est pas interdit, mais Google demande qu’il soit marqué avec l’attribut rel sponsored ou nofollow. Un lien payé qui transmet de la popularité sans être déclaré enfreint ses règles sur le spam et expose à une action manuelle.

Faut-il désavouer les liens avec un score de spam élevé ?

Pas systématiquement. Google indique que l’outil de désaveu est inutile pour la plupart des sites. Il est recommandé seulement si de nombreux liens artificiels pointent vers vous et qu’ils ont provoqué, ou risquent de provoquer, une action manuelle.

Quel outil utiliser pour analyser ses backlinks ?

Google Search Console est gratuit et suffit pour démarrer. Ubersuggest, Semrush, Majestic ou Moz ajoutent les scores d’autorité, de spam et l’historique. Leurs chiffres diffèrent souvent : suivez la tendance dans un même outil plutôt que les valeurs absolues.


Sources

Les informations techniques de cet article ont été vérifiées directement dans la documentation officielle de Google, à la date de publication :

Les règles de Google évoluent régulièrement : il est recommandé de vérifier les liens ci-dessus avant toute décision importante sur votre stratégie de liens. Article rédigé avec l’aide de l’IA